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l'organisation sociale des bantous

Mardi, 08 Mai 2012 13:24 Toko ngaba Bernard Brice
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L'ORGANISATION SOCIALE

L’organisation sociale des bantous est formée au sommet de nations qui elles mêmes sont composées de groupes de tribus, subdivisés en villages. Ces villages sont en réalité, des groupes de clans, constitués par les différentes branches de familles qui habitent le village. Les bantous sont donc divisés en un certain nombre de grands groupes familiaux, qui constituent des clans souvent représentés par des totems. Tous les membres d’un clan sont censés être les descendants d’un même ancêtre mythique. Au sein du groupe, on les considère comme parents (pères et mères),   et tous ceux qui appartiennent au même groupe générationnel sont considérés comme frères et sœurs. La parenté occupe  ici un rôle primordial dans la construction du lien social, par ce qu’elle sous tend le principe de solidarité. La majorité des bantous sont patrilocales (bien qu’on trouve aussi des sociétés matrilocales mais en très faible nombre), c’est à dire qu’une fois que la femme a contracté mariage, elle est obligée d’aller résider dans la famille de son époux. L’unité résidentielle est le socle du lignage.

L’ acquisition du domaine foncier se faisait autrefois sur le principe du premier venu, premier servi, à condition de pouvoir délimiter l’espace réservé de façon nette par débroussaillement d’une bande de « un mètre » environ de largeur. Et tout terrain ou lopin de terre où une subdivision de clan a enseveli ses morts pendant plusieurs générations devient sa propriété absolue.

Le clan est organisé hiérarchiquement, chaque branche a son chef, celui-ci est désigné par élection. Quand l’un d’eux meurt, le conseil des chefs se réunit pour désigner son successeur. Le roi doit ratifier ce choix, il a le droit de révocation du chef élu, mais ne peut en aucun cas le désigner d’office. Le clan est généralement composé de personnes qui ont eu ou ont un ancêtre commun. Les mythes servent à définir les caractères du clan. La cohésion du clan repose sur le respect des symboles, des cérémonies, des rituels.

Dans les sociétés bantoues, l’élément fondamental de la structure sociale est la parenté. Celle-ci est fondée sur la reconnaissance sociale des liens de consanguinités et d’affinités. On remarque dans ces sociétés une division sexuelle du travail, car les femmes sont censées prendre soin du foyer, des enfants, et de se charger de la cueillette, des tâches horticoles et agricoles. Quant aux hommes, ils doivent s’occuper de la protection du groupe familial, de la chasse, de la pêche, de l’élevage, du labourage, du débroussaillement, du défrichement de la terre et de la majorité des activités artisanales. Le développement de l’individu passe par une suite d’étapes, de l’enfance à la vieillesse. Ce qui permet d’assigner différents rôles à chacun pour l’amener tout au long de son existence à faire partie de certaine catégorie au sein du groupe. D’où, l’existence de certains rites d’initiations. Chaque étape entraîne des droits et des devoirs. Pour maintenir le lien social, il était de tradition qu’ à la tombée de la nuit, au son du tam-tam, tous les enfants se retrouvaient autour d’un feu allumé au pied d’un baobab situé sur la grande place, pour écouter les contes et les épopées des ancêtres, racontés par les vieux et les sages du village.

L'ACCOUCHEMENT

La femme enceinte décidait toute seule du moment ou elle devait arrêter ses travaux manuels, sa mère ou une proche parente se dévouait alors pour effectuer ses tâches. L'accouchement se faisait dans une case isolée, la femme préparait seule l'endroit ou elle désirait que la délivrance se fasse. La femme forte s'accouchait toute seule, sa mère ou une parente se chargeait de la coupe du cordon ombilical à la longueur d'une main du ventre de l'enfant. Lorsque la femme était craintive ou que les douleurs étaient trop fortes, les parentes et les voisines l'assistaient. C'est généralement dans la position à genoux que se faisait l'accouchement et la patiente prenait la position assise dès qu'elle était délivrée.  Après la délivrance, la mère ou une parente prépare de l'eau chaude pour les lavages de la jeune mère et de l'enfant; l'eau qui était destinée à la jeune mère devait être aussi chaude que possible. Des lavages souvent répétés se continuaient pendant une période allant de huit jours à un mois, temps pendant lequel l'accouchée était obligée de porter une ceinture ventrière en corde, très serrée sur le ventre, pour ramener les organes dans leur position normale.  La mère consacrait exclusivement les huit premiers jours après la naissance aux soins de l'enfant, Elle ne sortait pres que pas de sa hutte. Le père ne pouvait entrer dans la case de son épouse qu'une fois que le cordon ombilical était tombé. Pour bien cicatriser le cordon ombilicalet empêcher le nombril de se former en saillie, la mère chauffait sa main au feu puis le plaçait sur le ventre de l'enfant, opération qu'elle renouvelait continuellement. L'allaitement durait très longtemps, parfois jusqu'à une nouvelle grossesse. A la naissance, quant il arrivait que la montée de lait chez la mère se fasse attendre,les anciens donnaient aux nouveaux-nés du vin de palme très doux, du jus de canne à sucre

l histoire des bantous

Mardi, 08 Mai 2012 13:00 Toko ngaba Bernard Brice
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l histoire des bantous

Certains ont  pensé des siècles durant  que l’Afrique noire  n’avait pas d’histoire. Ceci était dû au fait que l’Afrique a toujours été une société à tradition orale. L’originalité des sociétés qu’on dit  « sans écriture » est que l’Homme est engagé par la parole. Celle-ci joue ici un rôle primordial, car elle est à la fois, connaissance, religion, histoire, divertissement, science de la nature et initiation au métier, ce que l’on appelle là bas, « l’école de la vie ». Dans une telle société, les gardiens de cet héritage sont les traditionalistes d’une part, qui sont chargés de transmettre des connaissances contrôlées  par le comité des sages,  et d’autre part  les griots qui eux sont à la fois généalogistes, historiens et poètes. L’avantage que représente la tradition orale , est de venir de l’intérieur des sociétés africaines, par conséquent, elle reflète une organisation mentale et un vécu du groupe socioculturel. La tradition orale ne permet cependant pas l’établissement d’une chronologie. Ce qui pose de sérieux problèmes aux historiens, et ouvre ici le chemin de la multidisciplinarité pour tenter de combler les trous. carte Afrique

Quant aux bantous, certains historiens affirment que Le groupe Proto Bantous qui  occupent actuellement l’Est , Le  Centre et le Sud du continent africain se serait  formé au premier millénaire avant J. C.  aux confins du Cameroun et du Nigeria. Cette affirmation est sujette à caution, car la migration Bantou aurait commencé bien avant le premier millénaire, puisqu’ elle était le pendant de l’assèchement du Sahara qui  date du début  du  troisième millénaire. Les Bantous vivaient  alors dans la région du Haut Nil comprise entre le 17e et le 21e parallèle sur les bords de grands marécages (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l’Afrique P.43). Cette présence s’est poursuivit à l’époque du règne du grand pharaon soudanais TAHARKA le Grand (689-664) pendant la période du néolithique humide. Certains bantous étaient installés entre la cinquième et la sixième cataracte du Nil, à une cinquantaine de kilomètre au sud du confluent NIL-ATBARA. Ils formaient alors le royaume de Kouch-Napata-Méroé. Ce royaume était doté d’une écriture alphabétique non encore déchiffrée à ce jour, et de la maîtrise de la métallurgie du fer (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l’Afrique P.58). Le climat de l’Afrique dans une région comprise entre le Sahara et la zone équatoriale très étendue, était très humide il y a huit ou dix mille ans. Le mode de vie des bantous  était étroitement lié à l’eau. Le développement des civilisations de pêcheurs a été daté entre 8000 et 5000 avant l’ère chrétienne, le long du moyen Nil et dans le sahara. On a même retrouvé la trace des bantous au nord du continent africain tant à l’Ouest qu’à l’Est. En effet, le saharien mésolithique d’Asselar était un noir de type bantou. En outre, les vases trouvés dans l’Aouker préhistorique (aujourd’hui la Mauritanie) d’après H. Laforgue et Vaneleshe ressemblent en tout point a ceux qui sont encore utilisés aujourd’hui par les Noirs du sud. Les vestiges d’harpons en os et la poterie suggèrent des activités de pêcheurs encore tributaire de la chasse et de la cueillette.

A partir de 5000 avant J.C. le climat devient aride entraînant un abaissement des niveaux des lacs, modifiant ainsi le modèle économique fondé sur l’exploitation des ressources naturelles, surtout aquatiques, à savoir la chasse, la pêche et la cueillette. Les conséquences de cet assèchement furent les suivantes :

1. de provoquer la migration des populations qui vivaient dans cette zone, parties vers le sud,  à la recherche de l’eau.

2. de générer une véritable mutation du peuplement de l’afrique.

Les populations noires à cette époque étaient les descendants de l’empire kouchite. Elles se sont déplacées pour la plupart vers les zones sédentaires et certains oasis du nord du sahara. Tout au long de cette migration, le peuple bantou a développé plusieurs civilisations due au fait que chaque groupe ou groupuscule qui s’implantait sur un fief essayait d’adapter ses us et coutumes aux réalités locales. La civilisation résultante n’était alors rien d’autre que le syncrétisme entre la culture acquise des bantous  et les nouveaux milieux et contacts. Cette dispersion des bantous s’est déroule sur une très grande échelle d’espace et de temps à cause de la grande foret équatoriale qui constituait un obstacle plus difficile à franchir car exubérante et impénétrable. les bantous ont due emprunter les voies de moindre résistance que constituaient les cours d’eau tel que la Sangha et L’oubangui. Cette migration n’était pas encore achevé à la fin du 19ieme siècle.


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HISTOIRE DES PEULS

Mardi, 24 Avril 2012 13:34 Wikipédia
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HISTOIRE DES PEULS

On ne sait pas exactement quand les Peuls sont partis d'Égypte, cependant André Arcin les fait venir de la lisière nord du Sahara jusque dans le sud Marocain. Tauxier préconise la route du sud de l'Algérie et les ferait émigrer de leur pays d'origine (moyenne Égypte) vers le VIe siècle avant l'ère chrétienne. Béranger-Féraud, Verneau et d'autres indiquent, également la route septentrionale comme étant celle de leurs migrations24. Le Sahara est exclu car jugé comme étant un pays désertique et inhabitable difficile à traverser pour une population dont l'économie principale est l'élevage. Seul Motel les fait venir du sud Sahara25. Cette première migration d'est en ouest leur fera atteindre la vallée du fleuve Sénégal vers le VIIIe siècle de notre ère (Lhote).Le peuplement Peul s'est par ailleurs effectué par vagues successives, dans différentes régions, à différentes époques26.Tous les historiens cependant soulignent l' importance historique de cette population en Afrique de l'Ouest où certains s'étant sédentarisés vont créer de petits États théocratiques  : le Macina au Mali, le Futa-Toro et le Fuuta Djaloo en Haute-Guinée.

À l'Ouest région du Sahel…

  • VIe siècle av.J.C ? - VIIIe siècle ap.J.C -Arrivée de pasteurs Peuls dans le Hodh de la Mauritanie actuelle en passant par le nord du Sahara encore vert (gravures rupestres du Tassili et du Hoggar).
  • IXe siècle de notre ère - Dans la légende Futanke, le royaume des Dia Ogo.

De l'autre côté du Fleuve Niger…

XIe siècle-Fondation de l'empire almoravide englobant le Maroc et la Mauritanie, les tribus Peules qui s'étaient converties mais avaient abandonné la religion musulmane, furent contraintes de se convertir à nouveau. Persécutées par ces religieux, elles durent fuir vers le sud ; un premier groupe trouva refuge en Sénégambie et au Boundou, un second groupe se réfugia dans le Bas-Sénégal créant par la suite l'empire du Tekrour, futur Fuuta Toro.Le troisième groupe gagna le Macina et fut rejoint par les tribus foulas qui s'étaient dirigées vers le Nil27.

XIIe siècle - des Peuls refusant l'islamisation de l'empire du Ghana, suite a la pression des Almoravides, fuient vers la région du Fouta-Djalon, puis vers le Macina et enfin au nord du pays Haoussa.

XIIIe siècle - Dans le Tekrour, d'autres Peuls, se mêlent surtout aux Sérères et aux Tekrouri. Les Peuls avec le nomadisme ouest-est, atteignent les régions du Foutah Djallon en Guinée, jusqu'à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C'est ainsi qu'ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan.

XIIIe siècle - XIVe siècle - L'Empire du Mandé, intègre dans la paix, des ethnies aussi diverses que sont les Touaregs, Wolofs, Bambara, Songhaï, Tekrours, Dialonké, Malinké, Dogons, etc. Toutes ces populations ayant adhéré a la Charte du Manden.

XVe siècle - Sonni Ali Ber empereur de l'Empire songhaï de Gao, grand maître du Soudan Occidental, rattache le Macina, territoire a majorité Peulh, à l'empire de Gao.

XVIe siècle - Koli Tenguella dit Puli, à la fois Peulh et Malinké, à la tête de son armée, repousse les Maures, soumet l'État du Fouta-Toro après plusieurs tentatives, soumet également les Wolofs et les Sérères, annexe l'empire toucouleur (Tekrour), conquiert toutes les contrées s'étendant entre le Haut-Niger à l'est, le Bas-Sénégal au nord et à l'ouest, le Fuuta Jaloo au sud28. Koly Tenguella une fois roi ( Silatigui ) du Fouta-Toro, installe sa dynastie, les Deniankobé.

XVIIIe siècle - Création de l'État théocratique du Fuuta Jaloo (Haute-Guinée).

XVIIIe siècle - Arrivée de tribus Maures arabisées Brakna et Trarza au Futa-Toro, le Walo et le Cayor. Les troupes de Tashomba, appuyées de Marocains et de Hormans (métis de Marocains et de noirs), mettent à sac le Futa-Toro et renversent le régime des Dényankobe. Ils le remplacent par un régime maraboutique (tribus Zénaga). Guerres intestines entre les différents membres de la famille régnante, pillages et razzia fréquentes dans les villages agricoles, appauvrissent rapidement le pays. Mise en place de différents Syratiks au profit soit des Brakna, soit des Trarza.L'action des Maures dans cette région est un échec économique et social. Sous l'influence grandissante des tribus maraboutiques, retrait des Maures en 178629.

XVIIIe siècle - Les Diallubé (pluriel de Diallo) gouvernent les Peuls du Macina. Amadu Bari reçoit la bannière de la djihad, la guerre Sainte islamique, des mains du toucouleur Ousman Dan Fodio, et le titre de "cheikou"30.

Sokoto caliphate.png

XIXe siècle - L'empire peul du Macina avec Amadu Bari à sa tête conquiert Tombouctou, contrôle Jelgooji, Liptaako, ainsi que le confluent du Sourou et de la Volta Noire au Sud-Ouest de l'actuel Burkina-Faso. Le XIXe siècle verra les conversions de Sékou Amadou et cette islamisation leur permettra d'avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos, Wodaabe « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l'Empire peul du Macina au Mali, le royaume Peul et Mandingue du Fouladou, en Guinée le Fouta-Djalon et au Nigéria l'Empire de Sokoto. Tous les États à part les deux Fouta, nés au XIXe siècle, ont été très éphémères, malgré cela c'est ce qui leur a permis durant ce siècle, d'établir une certaine unité des fulbé, ce qui n'avait jamais été le cas avant.

1811 - Les Peuls remportent une grande victoire sur les Gourmantché, à Dori. Dix ans plus tard, Ilorin sur la côte du Bénin devient un émirat peul, après la lutte menée par Mallam Alimi. En revanche battus à Kissi par les Touaregs en 1827, les Peuls doivent abandonner l'Oudalan, région située au Nord-Est du Burkina Faso.

1868 - Écrasement de l'État païen rival du Ngaabu (actuelle Guinée Bissau) par al-hajj Umar puis Samori.

La période coloniale…

XXe siècle - L'arrivée des Européens, dans la région de la Guinée stoppa les grands mouvements cavaliers à la lisière des forêts du sud de l'Afrique occidentale et centrale. L'établissement des Européens stoppa également les échanges commerciaux entre États et radicalisa dans l'ouest africain, la pratique déjà ancienne de l'esclavage. Les Peuls constituèrent un mystère pour les Européens incapables de distinguer les alliances et échanges inter-éthniques instaurés par leur économie31. Durant tout le XX e siècle ceux-ci les considéreront pour certains, comme des Mahométans armés (élites, nobles) et par conséquent non soumis à l'esclavage (comme les Maures ou les Touaregs), pour d'autres comme des barbares soumis au travail forcé (code de l'Indigénat).

La résistance Peule.

La colonisation fut tardive (Haut-Niger 1854, le Fuuta-Djalon 1896 ; Rivières du Sud 1866) et elle fut relativement brève (à peine 100 ans). Le Gouverneur de la Guinée française était Faidherbe. D'emblée, les Peuls apparaissent aux yeux des Européens comme des Mahométans armés, au même titre que leurs voisins Maures et Touaregs. Leur société extrêmement hiérarchisée parut dès l'abord, trop complexe aux yeux des Européens et difficile a percer (problème de la langue). La France engagea une politique "diplomatique" et commerciale avec les différents États Peuls indépendants.Création d'un Gouvernement général de l'Afrique occidentale française visant à harmoniser la politique française, les trois colonies concernées par le Fuuta Djaloo étaient le Sénégal, le Soudan et la Guinée.On assiste dès lors à une résistance diplomatique : Plusieurs traités furent signés32, notamment le "traité de commerce et d'amitié" 1881 entre les almami et Bayol qui marqua la première tentative directement impérialiste de la France à l'égard du Fuuta Djaloo : Principalement pour contrer le intérêts Anglais dans la région de la Sierra Leone33. En signant des traités avec la France et l'Angleterre à la fois, en 1881, en leur refusant de ce fait l'exclusivité du commerce, les dirigeants du pays, les almami, affichaient leur indépendance à l'égard des deux puissances impérialistes et du même mouvement, tentaient de les neutraliser : d'abord en rejetant la version française du traité34. La récusation de toute notion de contrôle et d'ingérence, le refus opiniâtre de laisser une puissance étrangère empiéter sur la souveraineté de l'État, non seulement en 1881, mais également lors de tentatives expansionnistes ultérieures, (colonne Plat 1887-1888, colonne Levasseur 1888, colonne Audéoud 1888 )35, la mission Briquelot en 1888-1889, à l'initiative d' Archinard, tentera vainement de convaincre les almami des intentions pacifiques de la France.Cette résistance s'appuyait sur un concept lapidaire mais clair : "Le Fuuta Djaloo doit être aux Peuls et la France aux français". Ce principe nationaliste réitéré privait la France d'une base "légale" d'intervention.Le rejet par les almami de toute notion de protectorat s'accompagnait d'une résistance militaire, consistant à entraver l'expansion de la France au Soudan en s'alliant à Samori, le principal adversaire de la France. En cela, la France se révéla à peu près impuissante à peser sur les relations entre Samori et les almami. D'autant plus, que depuis l'autonomie des Rivières du Sud (août 1889), celle-ci menait une politique d'expansion pacifique à l'égard du Fuuta Djaloo, remettant à plus tard l'éventualité d'une occupation militaire, tandis qu'Archinard multipliait les lettres d'apaisement à l'égard des almami. Pour préserver sa souveraineté, le Fuuta Djaloo sut aussi habilement exploiter les conflits franco-français et franco-anglais.Jusqu'au décret du 11 juin 1865 instituant le Gouvernement général de l'Afrique occidentale française, explicitement voulu pour harmoniser la politique française, trois colonies étaient concernées par le Fuuta Djalon : Le Sénégal, le Soudan et la Guinée. Chacune d'entre elles, activait sa propre politique à l'égard de l'État peul encore indépendant. Frictions et conflits divisaient en permanence les trois colonies. Si les almami firent parfois preuve de naïveté en politique, ils surent très bien tirer avantage de ces mésintelligences. Ils instrumentalisaient les contradictions franco-françaises pour retarder la mainmise sur leur pays - On assiste également chez le "petit peuple" peul à une résistance sociale : Comme le "rachat" de captifs ou l'interception des caravanes - La politique de la France à l'égard des captifs sera faite d'ambiguïté.Elle consiste en particulier à inciter les captifs à s'enfuir de chez leurs propriétaires Peuls, pour les détourner à son propre profit: Beeckman : "Il serait indispensable de prévenir aux commandants du Soudan de ne pas recevoir aussi facilement les fugitifs du Fuuta Djallon qui servent à peupler les villages de liberté au détriment de notre nouvelle possession, qui a cependant besoin de tous ses bras pour la culture."36Las, les Français fourbirent le concept de féodalité, inadapté mais commode, paradigme négatif pour stigmatiser, ouvrir le procès du régime, justifier l'intervention militaire et l'occupation du pays, en se servant des rancœurs et des frustrations du petit peuple opprimé37. Le 14 novembre 1896, les Français défaisait Bokar Biro le neveu de Soriya Ibrahima qui lui avait succédé après sa mort en juillet 1890 (alternance Amadu / Bokar Biro, 1891-1896) à la bataille de Poredaka38. Contrairement aux autres colonies françaises, ils ne seront pas intégrés dans l'armée. Officiellement pour des raisons "physiques"39.La résistance peule est notée sur le plan historique par un certain nombre d'études et d'ouvrages, textes, lettres manuscrites par des Peuls eux-mêmes et archivées, au Archive Nationales du Sénégal (ANS) et en France40,41. Le référendum du 28 septembre 1958 la Guinée, sonnera la fin de la période coloniale.

  • 1958 - À partir des années 1960, la montée des nouvelles générations non soumises à l'esclavage, permirent aux jiyaabe et aux descendants des Bourouré d'autrefois, de jouer un rôle politique indéniable dans différents pays. Au Sénégal, Mamadou Dia, élu Président du Conseil de Gouvernement en novembre 1958, le demeura après la proclamation de l'indépendance du pays en 1960, mais, accusé d'une tentative de coup d'État en 1962, il fut destitué. Dès 1960, Ahmadou Ahidjo, se trouva à la tête du Cameroun. C'est aussi le temps de brefs sursauts nationalistes. De 1983 à 1987, Thomas Sankara présida aux destinées du Burkina-Faso.En Guinée, les opposants Peuls au régime politique dictatorial de Sékou Touré furent persécutés, entraînant au début des années 1970 un million de Peuls dans la diaspora. Aujourd'hui la diaspora peule concerne les États-Unis, le Canada, l'Angleterre, la France, le Portugal, les îles du Cap-vert et les pays africains limitrophes.

Religions[modifier]

Les Peuls de nos jours sont presque tous musulmans. Une partie des Peuls d'Afrique de l'Ouest, ont été parmi les propagateurs de l'islam sunnite, notamment avec des personnages de l'ethnie Tekrour (TorooBé), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l'empire du Sokoto (Dèm du Sokoto), Sékou Amadou, fondateur de l'empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari "Emir du Macina", Muhammad Bello "sultan du Haoussa", Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l'Adamaoua. Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont souvent des familles Peules sédentaires (en particulier en Afrique de l'Ouest) et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent. Création d'écoles coraniques, propagateurs de confréries soufies, soufisme42.

Cependant, le syncrétisme d'Orient est toujours présent. Ainsi on peut trouver des Peuls musulmans, des Peuls chrétiens et des Peuls animistes parfois au sein d'une même famille.

Nomadisants aux frontières des cultures des peuples d'Orient, de la méditerranée, des autochtones d'Égypte-Libye, et de Nubie (actuel Soudan), on retrouve dans le corpus peul ces diverses influences accumulées au cours des siècles… Notamment avec le symbolisme de l'Égypte antique par rapport aux bovidés, liés a de nombreuses hypostases du divin: Apis, Hathor, Isis. Tout comme ses hypostases du démiurge Amon, sont représentés portant un disque solaire entre leurs cornes, Géno (divinité présente en Numidie et en Grèce ancienne où elle était un rite civique relié aux Mystères d'Éleusis), qui est le nom traditionnel donné à Dieu par les Peulhs, crée en premier la vache sacrée qui porte l'univers entre ses cornes. On retrouve également la clé Ankh, Ankh qui signifie : Vie en Égyptien ancien, que l'on retrouve dans le vocabulaire Pulaar, sous le nom de Wonki, Onki en Copte, Yonki dans les langues Mandées. Le mot Wonki, Onki, Yonki, gardant le même sens. La notion ontologique du Ka qui signifie en égyptien ancien, le souffle divin, kin en Pulaar, pour le rapport avec le nez, par lequel l'homme respire donc vie, Ka en pulaar, qui veut dire : être, exister. Car pour le Peulhs on ne vit que lorsque le souffle divin anime le corps physique.

Sur un plan moins symbolique, il convient de ne pas oublier la lente pénétration des bergers vivants en marge des grands centres urbains, s'enfonçant toujours plus avant dans les brousses du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du Centre-Afrique…Mais c'est chez eux que persistent des traditions pré-islamiques - (persistance d'un shamanisme d'élevage) : génie du cheptel Kumen ; génie de la chasse Kondoron (nomades) - (résidus de religion shivaïte shivaïsme et védique védisme): Trinité et triades des contes initiatiques ; rite du feu ; croyances aux génies tutélaires (de type lunaires); traces d'une religion solaire ( Œil solaire de Géno dieu Créateur); esprits des eaux (ondines) ; esprits aériens (sylphes); Ketiol dieu des arbres; génies-nains (gnomes); habitants minuscules et invisibles des forêts ; génie de l'eau Tyanaba ; génie du feu ; génie du vent ; Dieu-initiateur émanation de Géno, Kaïdara ; Lâred'i ou génies gardiens honorés sur un autel domestique (kaggu) - sont toujours présentes au quotidien 43,44.

Anthropologie sociale et culturelle[modifier]

Village peul aux environs de Ndioum (Nord du Sénégal)

Héritage culturel[modifier]

La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes au travers de chants, de contines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l'histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus.

Goût prononcé pour les langues, la poésie, les louanges, les épopées (joutes verbales : Kirlé au plur. ; Hiirdé au sing. ), développement d'une littérature. Dans cette transmission orale des traditions, n'oublions pas de mentionner le role important qu'y jouent les griots (historiens). La plupart des Peuls sont polyglottes. La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l'intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku, ces règles souples régissant la « pulanité ».

Artisanat[modifier]

L'artisanat peul est également important : couvertures munja. La manufacture est l'affaire des « actants ». Les nomades peuls ne sont pas artisans, ils passent des commandes chez les autochtones des pays qu'ils traversent. Les nomades fabriquent eux-mêmes les calebasses, les chapeaux coniques, leurs tabliers de cuir. Les Peuls sédentaires pratiquent l'artisanat, un artisanat typiquement peul, mais on peut trouver dans certaines zones des fusions de styles ethniques. Les Peuls sont d'excellent tisserands45.Ils tissent le coton et la laine avec un métier à tisser dont l'importation viendrait d'Asie d'après Henri Lhote.Ce sont à l'image des Touaregs des orfèvres. Ils sculptent des bijoux en or et en fer qu'ils associent au cuir et à des perles. Le sens esthétique chez les Peuls est très poussé et célèbre46. Chez les Peuls sédentaires, il existe des castes d'artisans, les maboulé, qui sont des tisserands ; les wailoubé s'occupent des productions en métal, alors que leurs femmes pratiquent la poterie ; les garankobé s'occupent du cuir, les laobés travaillent le bois.

Parure d'une vieille femme peule (in Colonel Frey, Côte occidentale d'Afrique, 1890)

Habillement

On ne dispose d'aucune représentation en dehors de celle de Médinet-Habou sur l'habillement et l'allure générale des ancêtres des Peuls… Néanmoins, la plume d'autruche que l'on voit porté par des Wodaabe (Photo) durant certaines de leurs cérémonies n'est pas sans rappeler une célèbre et unique représentation d'un Libyen peint sur la tombe de Séti 1er.(tunique fermée à l'épaule, tresse devant l'oreille et coiffure de plume). Les Peuls ont des tatouages faciaux qui leur sont propres. Les nomades portent également des tabliers de cuir colorés de dessins géométriques et des tuniques sans manches, les yeux sont cernés de khôl. Le "chapeau pointu" est également une exclusivité Peule. Coiffures en gourdes, en cimier, à cadenettes sont visibles sur les peintures du Sahara relevées par Henri Lhote et sont dites "sahariennes". Avec les métissages, des éléments des cultures négro-africaines sont apparus (comme les marques faciales ou scarifications que l'on trouve chez certains groupes).

Les hommes peuls nomades portent une tunique le bolare, de couleur brune qui arrive à mi-mollet, un bâton, son chapeau de paille conique, un tablier de cuir, des boucles d'oreilles. Ils ont la tête enturbannée, comparable au taguelmoust des Touaregs, et portent un pantalon bouffant. Le chapeau conique (typiquement peul) est porté et souvent ils y accrochent une plume d'autruche. Les talismans ou gris-gris, sont portés pour se protéger des djinns. Les femmes portent le pagne, bleu indigo, et le boubou de couleur très foncée, parfois noire. Les Peuls sédentaires adoptent parfois le style des ethnies avec lesquelles ils cohabitent, chez les hommes le chapeau conique est porté, ils portent aussi des bonnets souvent de couleur blanche, le couffouné, parfois rond ou carré. Ils portent une courte tunique, par dessus laquelle ils mettent un grand boubou, souvent de couleur blanche, bleu foncé, le doloké. Les femmes portent le pagne, et le boubou, et attachent sur leurs têtes un morceau de tissu qui est la version féminine du turban, moussor.

Les femmes peules pratiquent le tatouage des lèvres et des gencives à l'indigo, des paumes de la main et des pieds. Elles percent leurs oreilles et y insèrent des anneaux d'or, ou des boucles d'oreilles d'or imposantes et torsadées. Elles mettent un petit anneau soit en or ou en argent aux narines. Les jeunes filles ont à leurs poignets et à leurs chevilles plusieurs anneaux d'argent ou de cuivre symbolisant leur richesse.

Les Peuls sont un peuple à cheveux longs, lisses à ondulés47 permettant un type de coiffure particulier où les cheveux sont ramenés sur le sommet du crâne, formant une coiffure en "gourde" célèbre chez les Wodaabe et les bororo. Les femmes bororo ramènent en chignon leurs cheveux à l'avant, le reste des cheveux sont sectionnés en plusieurs parties qu'elles tressent, et qui retombent sur les côtés de la figure et à l'arrière de la tête. Les métissages ont multiplié les styles de coiffures. Celles-ci sont nombreuses, en forme de losange, triangle, et plusieurs noms leur sont donnés. Malgré la diversité des coiffures chez les femmes Peules, le plus souvent les hommes et les femmes sont coiffés de la même façon. Certains hommes (sédentaires ou nomades) laissent leurs cheveux longs, puis se rasent le crâne vers l'âge de 50 ans. Chez les femmes, l'art de la coiffure est très développé, pour la coiffure elles se servent de pièces de monnaie, de cauris, de beurre de karité, de perles. Les femmes portent des Saris comme les femmes Touaregs au Sahel, des robes multicolores à volants, des pagnes et des blouses indigo clair au Burkina Faso.Chaque groupe possède ses propres couleurs à base d'indigo plus ou moins clair, ses propres liserés, le graphisme est souvent à base de frises, de triangles, de losanges colorés. Les femmes sédentaires réalisent des coiffures en cimier. Les Peuls rasent parfois leurs cheveux suivant la mode arabe de piété, les femmes portent deux ou trois nattes simples avec un voile fin à l'arrière de la tête, simple ou richement décoré. Le "cheveu" est très investi chez les Peuls, et si leur nature le permet, la femme préfèrera les porter aussi longs que possible. Cependant, la coiffure féminine sera toujours « nattée », richement décorée ou semi-couverte en public.

Le pulaaku[modifier]

Pulaaku ou Pulaagu dans certaines régions : « être" Peul »48

Le pulaaku49 est « un ensemble de règles très subtiles »50, morales et sociales, un « code de comportements jugés spécifiquement Peul »51, voire « l’idéal projeté dans la manière d’être peul »52.

« Le pulaaku se retrouve chez tous les groupes Peuls, dans toutes les régions. C'est une preuve de stabilité de la catégorie et une première indication sur sa signification et sa fonction qui, manifestement ne relève pas seulement du besoin d'identification lié à des contextes historiques particuliers. Dans cette acception très générale, on peut parler de la « pulanité » en tant que conscience d'une identité durable, conscience unissant les Peuls, indépendamment de toute explicitation au niveau du contenu — Elizabeth Boesen53. »

L'indianiste Stein ajoutera une note enrichie à la notion de segmentary State élaborée par Aidan Southall, à propos du pulaagu comme critère de sélection à chaque niveau de pouvoir. Il note par exemple, l'absence de « séniorité » (contrairement aux successions et élections des groupes africains et au groupe de culture moyen-orientale proches) mais à « l'empilement d'élection » par le conseil de même niveau et de confirmation ou d'intronisation par le niveau supérieur.

« Dès lors, la langue elle-même, serait le pivot de plusieurs champs de signification, au tuilage des sons correspondants aux glissements de sens et le chevauchement des institutions et des groupes. En témoigne le fait que dans les sociétés peules où la « mise en caste » est la plus poussée, les groupes sociaux sont moins cloisonnés que ne le laissaient penser les taxinomies éthiques élaborées dans les années 196054. »

Parmi ces valeurs peules figure la « suavité » beldum qui n’existerait que chez les Fulbe (bele sey to Pullo) et qui se concrétise non seulement dans leur hospitalité et leur générosité, mais dans tout leur comportement.

On observe également une réticence à dire « non » (e woodi). C’est ainsi qu’un Peul n’opposera jamais un « non » ferme, il dira « e woodi » (c'est bien). Or, quand un Peul donne gentiment son accord, cela ne veut souvent pas dire grand-chose. Ils décrivent leur comportement comme étant forcé : le sentiment de honte, leur pudeur (semteende) ne leur laisse pas le choix. Le comportement peul n'aurait en quelque sorte aucun rapport avec autrui, mais avant tout avec lui-même.

La vie nomade a développé un caractère indépendant et une hypersensibilité ne favorisant pas le contact avec autrui.

La société peule est fortement hiérarchisée : l'aîné est respecté et même craint.

Les formules de politesse et les règles du savoir-vivre sont nombreuses et très importantes : le vouvoiement est prédominant.

Enfin, savoir "tenir", "se tenir", le contrôle et la maîtrise de soi est une parrt fondamentale de la bonne éducation Peul: il est malséant, "lourd" de s'enthousiasmer, de manifester bruyamment, de réclamer et de quémander. Ce comportement différencie le Peul "noble" ou "libre" de celui d'origine servile (voir "Contes initiatiques Peuls" ou "Amkoullel, l'enfant Peul" de Amadou Hampâté Bâ).

Organisation politique et intégration spatiale[modifier]

On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de… La « pulanité » est autonome. Il n'y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active. On observe ainsi une alternance politique ( Fouta-Djallon ) au XVIIe siècle - XIXe siècle et des audits sont réalisés dès le XVIe siècle pour certains groupes. Le Moyen Âge verra l'avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d'acculturation, exclusion et / ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu'ils traversent.

Une nourriture pastorale[modifier]

Souvent, ils pratiquent presque un lacto-végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de bœuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes.Pour pallier le manque de protéines animales les Peuls nomades pratiquent une « saignée » régulière aux vaches de leurs troupeaux. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle ( rare ) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté kétugol : crème de lait ; kosam : lait caillé ; tiakuré : petit lait ; néba : beurre en motte ou clarifié ; komboïri : la soupe au lait est un plat peul.

Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous, fonio, maïs, taro, patates douces, manioc, oranges, mangues, légumes du jardin, poissons frais, viennent agrémenter des plats en sauces. Chaque groupe Peul répartis par région, cuisine des plats locaux ( plusieurs sortes de couscous ou lacciri en Guinée ( préparé avec de la farine de maïs, de mil, ou de riz ) des plats de céréales comme le fooyo préparé avec le grain de fonio ou le kuuya préparé avec de la farine de manioc. Le petit gibier autrefois chassé à l'arc, petites perdrix sauvages "gerlal" et pintades sauvages "jongal", sont les viandes préférées des Peuls largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la frugalité reste une valeur importante (pratique du jeûne), la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle - Pas de consommation de porc. Les repas sont espacés d'un jour sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu'un plat unique (même dans une société d'abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes et consommées tout au long de la journée.

Habitat[modifier]

Les Peuls habitent dans plusieurs types d'« habitations » réparties suivant les zones géographiques et le type d'économie ( sédentaires, semi-nomades ou nomades ) :

  • Chez les sédentaires

Les sédentaires habitent dans des quartiers appelés Wuro .

La maison ronde est appelée Suudu, ( pl. Cuudi ) elle est à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée.

Les empires mauresques du Moyen Âge, les migrants en Europe, la colonisation ont amené d'autres types de constructions. En Haute-Guinée, les Peuls vivent dans des maisons en ciment, au toit fait de briques, avec petit jardin attenant et entourées de barrières ou d'une clôture formant une concession appelée galle.

L'élévation du site est aussi fréquente que significative. Autrefois, les nobles habitaient en hauteur sur une colline tandis que les autres habitations étaient construites au flanc ou au bas des coteaux. De fait l'habitat du Peul sédentaire est souvent situé à flanc de colline, de montagne ou à leurs sommets.

  • Chez les nomades

Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n'y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchages rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune55.

Élevage[modifier]

La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l'élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l'alimentation et l'économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l'économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d'en avoir le plus possible et refusaient de s'en séparer comme bêtes à viande, c'est-à-dire d'entrée dans une « économie rationnelle », de marché.

L'élevage de bovins zébu ( bos indicus ) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c'est-à-dire pratiqué avec un minimum d'investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l'utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l'effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d'épidémie. C'est un type d'élevage « rationnel », mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d'une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme - ni d'ailleurs la propriété privée d'une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l'épousée sera héritée par les enfants de celle-ci56.

L'animal de prestige est le cheval.Il n'est présent que chez les Peuls sédentaires des bassins du fleuve Niger et Sénégal et autour du lac Tchad. Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires. Le cheval peul est un petit cheval appelé aussi poney, dont la petite taille retint l'attention des premiers lettrés arabes qui visitèrent le Bilad-al-Sudan ( Cuoq 1975 ; Mauny 1961 ). Appelé parfois cheval steppique, il est pour beaucoup de spécialistes, le descendant des premiers chevaux attelés introduit dans l'Aïr et de l'Adrar des Ifora au premier millénaire de notre ère57. Rare à l'état "pur" aujourd'hui, nombre de ces chevaux sont croisés avec le barbe lourd et grand cheval rustique du Maghreb. Il sert au gardiennage des bœufs. D'autres croisements avec des pur-sangs arabes donnent des chevaux plus fins et racés pour la cavalerie ou la parade.

Sociétés[modifier]

Il n'existe pas une société peule, mais des sociétés peules ; « Planète Peule ». Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux.

Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n'est pas voilée et il n'y a pas de lévirat58.

Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants :

– le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage (dewgal) a lieu vers 21 ans59 ;
– le deuxième après un divorce ou un veuvage ;
– le troisième, le « mariage-don » (politique) ;
– enfin, le culnol, concubinage d'un noble avec une kordo, femme de condition servile est d'importation arabe.

Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du XVIe siècle. Il est rendu par le cadi, juge musulman, et possède deux divorces associés. Les « Peuls rouges » sont monogames60. Les Peuls sont monogames dans l'ensemble.

Il existe trois formes de divorce (cergal) chez les Peuls :

  • La répudiation (la femme retourne chez ses parents)
  • Le divorce par consentement mutuel ou arrangement familial ( le plus fréquent )
  • Le divorce judiciaire (exceptionnel)61

Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie est minoritaire et se rencontre surtout chez les Peuls urbains et islamisés62. Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans). Chez les Peuls Wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu'à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabe sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». On note une survivance d'une ancienne gynécocratie, l'héritage est utérin (matrilinéaire).

Les pasteurs[modifier]

La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels63 dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s'atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l'est également par d'autres pasteurs du Sahel : Touaregs, Toubous). Dernièrement, les Arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs Peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d'Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs Peuls 64.

Castes[modifier]

La société Peule est la plus hiérarchisée d'Afrique. Ces règles hiérarchiques sont aussi plus complexes et d'un abord plus difficile pour le regard extérieur, que celles que l'on peut voir dans les chefferies Touaregs ou Maures qui connaissent aussi le maquignonnage…

Dans les villes, il existe trois classes sociales :

Les nobles :

  • DurooBe nobles (transhumants)65.
  • Jaawambe, sing.jaawanndo, conseillers et auxiliaires armés des rimbe.

Les artisans castés :

Regroupés sous le nom de yneebè, sing. nyengno. Les nyeenbè, sont réputés pour leur endogamie strict. les artisans sont:

  • Wayilbe, Baylo (forgeron)
  • Lawbe, labbo (boisselier)
  • Sakkebe, Sakke (cordonnier)(tchagno)
  • Mabube, Mabo (grios).

Puis les laudateurs et musiciens gardiens des traditions:

  • Wambabe, Bambado (compteurs guitaristes)

Les serviles :

  • maccube, maccudo, ou kordofemelle.

 

L'ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations intercastes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales. Les Peuls, hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés legni:

  • Les fulbe ururbe ou worworbe présents partout, au Sénégal, Fouta-Djallon, Mali, Niger, Mauretanie, Burkina Faso, ce sont les Peuls de l'ouest, à l'est ils prennent le nom de burure ou bororo'en. Ils sont parmi les premiers Peuls qui se sont sédentarisés.
  • Les fulbe laace, ce sont des Peuls qu'ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof. Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (interpénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvait aussi dans le Sine-Saloum, et le Ferlo où ils nomadisaient, ont les appellent aussi fulbe jeeri nom qu'on donne en général à tous les fulbe de cette partie du Sénégal, la plupart sont de patronyme ka.
  • Les fulbe jaawBe, la plus grande des leyyi peule, ils sont particulièrement présent au Sénégal, Mali, ils pratiquent l'élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli, ils se fixent parfois près des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe. Ils sont à l'origine de la caste peule des jaawamBe, réputés pour être de fins stratèges dans l'ancien Fouta-toro.
  • Les fulbe cuutinkoobe, Peuls originaires de l'ancienne région du Diara entre l'est Sénégalais, et l'ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe, la plupart d'entre eux sont de patronymes Diallo, les cuutinkoobe, étaient à l’origine des jaawBe, ils sont présents au sud du Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée.
  • Les fulbe yirlaabe, ils sont les Peuls les plus à l'est, Tchad, nord-est Nigeria, Adamaoua dans le Nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril, sont très présents à l'Ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro.
  • Les Fulbe wodaabe, surtout présents au Niger aujourd'hui et originaires du Diafunu, certains ce nomme diafunu'en, ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali, le Nord-Est du Sénégal. Ce sont les Peuls ayant le plus conservé leurs traditions nomades et leur culture, ce sont également les plus rustiques, ils sont restés très proches de la nature, ils sont de grands bouviers, et même s'ils sont majoritairement musulmans, ils pratiquent un islam très sommaire. Ils sont présents au Sénégal ou ils sont disséminés un peu partout et ou l'on trouve de nombreux sous-groupe, au Fouta-Djalon, où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe.

Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde, selon leurs patronymes, les régions où ils habitent, les animaux qu'ils élèvent bovin, ovin, l'ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament, il existe encore d'autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella, les yaalalbe. Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi. Certains clans peuls, sont liés par le jongu, un lien de parenté, qui les oblige à l'entraide, au respect mutuel.

  • Il existe 31 groupes nomades, 48 groupes semi-nomades et 29 groupes sédentarisés66.

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Ruben Um Nyobe

Mardi, 24 Avril 2012 13:31 Wikipédia
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Ruben Um Nyobe

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Um Nyobe Ruben Georges François

Données clés
Naissance 1913
Eog Makon
Décès 13 septembre 1958 (à 45 ans)
bas Ong
Nationalité Drapeau du Cameroun Cameroun
Profession greffier de justice
Autres activités Homme politique

Ruben Um Nyobe, surnommé Mpodol, est un leader camerounais et précurseur des indépendances en Afrique francophone né en 1913 à Eog Makon et mort assassiné par l'armée française le 13 septembre 1958 en pays Bassas.

Um Nyobe est l'une des figures emblématiques de la lutte pour l'indépendance du Cameroun, comme Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié, avec qui il partage la même fin dramatique. Il est officiellement proclamé Héros national par l'assemblée nationale du Cameroun le 27 juin 1991.

Sommaire

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  • 1 Enfance
  • 2 Vie politique
  • 3 Assassinat
  • 4 Postérité
  • 5 Notes et références
  • 6 Voir aussi
    • 6.1 Bibliographie
    • 6.2 Liens internes
    • 6.3 Liens externes

Ruben Um Nyobe est né à Eog Makon non-loin de Boumnyébel, ville du Cameroun située dans l'arrondissement d'Eséka, à environ 70 km de Yaoundé, de l'union de Nyobé Nsounga et de Ngo Um Nonos, tous deux paysans Bassa. Il a fait ses études primaires dans les écoles présbytériennes locales.

Vie politique

Il ne participe pas à la création de l'Union des populations du Cameroun la nuit du 10 avril 1948 dans un café-bar de Douala-Bassa dénommé « Chez Sierra »1. Toutefois, malgré son absence cette nuit là Chez Sierra, la présence de la majorité des membres fondateurs de l'UPC qui sont aussi membres du bureau directeur de l'USCC dont Ruben Um Nyobè en est le secrétaire général, suggère qu'il en fut informé. Suite au laxisme du premier secrétaire général de ce parti, Ruben Um Nyobè connu pour sa véhémence est propulsé à la tête du parti au mois de novembre 1948, il s'y caractérisera par son franc-parler et ses nombreux écrits. Il s'opposera au pouvoir colonial français et réclamera selon ses termes "une indépendance totale et immédiate"[réf. nécessaire] suscitant alors une prise de conscience nationale et provoquant la décolonisation qui allait suivre en 1960, après lui. Véritable virtuose de son époque, il se rendra deux fois aux Nations unies grâce aux cotisations de pauvres paysans camerounais afin de plaider la cause du Cameroun.

Pour certains, lorsque l’on évoque le nom de Ruben Um Nyobè, ils pensent à deux choses : « indépendance immédiate, et réunification ». Or en procédant ainsi à une telle énumération, ils se trompent totalement. Cette confusion, ou, plus précisément, cette erreur, provient purement et simplement des adversaires de Ruben Um Nyobè qui, après avoir procédé à son élimination physique, ont entrepris de déformer, à dessein, sa pensée politique, dans le but de démontrer à la population qu’ils ont réalisé son programme, sans recourir, comme lui, à des meurtres, des assassinats, du brigandage, en un mot, au « terrorisme » 2. En effet, on peut lire dans sons discours devant la 4e Commission de tutelle de l'Assemblée générale de l'ONU au mois de décembre 1952 : « il est question de demander à l'organisation des nations unies de trouver de véritables solutions qui permettront aux camerounais d'accéder à leur indépendance dans un avenir raisonnable c'est- à-dire le plus proche possible. Et nous sommes modérés dans notre action. Nous ne demandons pas d'indépendance immédiate. Nous demandons l'unification immédiate de notre pays et la fixation d'un délai pour l'indépendance. » 3

Ruben Um Nyobè plaçait donc la réunification en dehors de l’indépendance. Il estimait que celle-ci était même un préalable à l’indépendance, donc elle devait se produire bien avant l’indépendance. C'est ainsi qu'il proposa à l'ONU « (...) un programme-école, c'est-à-dire, un programme dont l’exécution permettrait aux Camerounais de recevoir une formation adéquate, pour pouvoir assumer les charges d’État découlant du recouvrement de notre souveraineté »4. D'après son allocution, c’était « (...) pour permettre aux citoyens de notre pays d’apprendre, pendant un laps de temps, à diriger, sous l’égide d’un haut-commissaire de l’ONU, le gouvernement de leur pays » 5. Quant à la durée du programme-école, il proposa une période « (...) de dix ans préparatoire à l’indépendance »6.

Deux mois avant les émeutes de mai 1955 qui couteront la vie d'après le bilan officiel à 25 personnes (2 européens et 23 camerounais dont un policier) et 62 policiers blessés7, il rentre dans le maquis et refuse de se présenter au tribunal le jour de l’audience de « l’affaire De Gelis contre Um »8,9. Dans le maquis, il crée le 2 décembre 1956, au cours d’une réunion de responsables de l’Upc, une armée dénommée le Comité National d’Organisation (CNO) dont le chef militaire est Isaac Nyobè Pandjok, un ancien combattant de la seconde guerre mondiale, il est ni plus ni moins qu’un militaire aguerri10. En outre, il entreprend de mettre aussi en place, une véritable administration parallèle à celle des colons au Cameroun. Cette administration entreprit alors d’établir des actes officiels tels que les actes de naissances, les actes de mariages, les cartes d’identités « kamerunaises » et les titres fonciers, etc11.

Pierre Messmer, le nouveau haut commissaire est favorable à une reprise du dialogue avec Ruben Um Nyobè. Paul Soppo Priso crée le 9 juin 1956, en collaboration avec Ruben Um Nyobè, un mouvement politique dénommé: le Courant d’Union Nationale. Le 23 décembre 1956, l’Assemblée Législative du Cameroun remplace l’Assemblée Territoriale du Cameroun et des élections législatives sont prévues. Les candidats peuvent se présenter en leur propre nom. Le 28 novembre 1956, se tint à 10 km de la ville d’Ebolowa, un congrès du Courant d’Union Nationale pour trancher de la participation de ses membres au dit scrutin. À l’issue des débats, les partisans du boycott du scrutin, par les upécistes l’emportèrent, sur ceux de la participation à celui-ci 12. À l'issue de ces élections, André-Marie Mbida, député du groupe parlementaire des Démocrates Camerounais qui deviendra plus tard le Parti des Démocrates Camerounais, est désigné chef de l'État et Premier ministre de l'État autonome du Cameroun sous tutelle des Nations Unies par 56 voix pour et 10 contre13.

Toutefois, le scrutin ne s'est pas déroulé dans la région de Ruben Um Nyobè à cause des troubles. Au lendemain de ces élections du 23 décembre 1956, Pierre Messmer suggère alors l’organisation d’une élection partielle, tout spécialement pour Ruben Um Nyobè, afin de l’intégrer à l’Assemblée législative du Cameroun14. Il envoie de ce fait l'archevêque de Douala, Thomas Mongo à la rencontre de Um Nyobè pour des pourparlers. Celui-ci déclare que les « les institutions mises en place sont fantoches car l’Upc n’en a pas le contrôle »15 et exige d'être « désigné Premier ministre, à la place d’André-Marie Mbida »15. Il demande « que Pierre Messmer accepte une rencontre publique avec lui »15 et « que l’Upc forme un gouvernement d’union nationale »15. Lors de la deuxième rencontre avec le prélat, « il lui fait savoir que le Comité Central de l’Upc a siégé, et qu’il a conclu que Ruben Um Nyobè ne peut accepter qu’une seule et unique chose : le poste de Premier ministre et rien d’autre »16.

Or, c'est la coalition parlementaire Paysans Indépendants, Union Camerounaise (UC) et Démocrates Camerounais (DC) qui gouverne. De plus ces groupes parlementaires forment à eux seuls la quasi totalité des députés à l'Assemblée Législative. Une élection dans la région de Ruben Um Nyobè ne changera pas le rapport de force. De plus le Haut Commissaire Pierre Messmer ne peut pas juridiquement révoquer le Premier ministre André-Marie Mbida. En effet d'après les statut de l’État autonome du Cameroun, un haut-commissaire ne peut en aucun cas démettre un Premier Ministre de ses fonctions17.

Assassinat

Il fut abattu par l'armée française le 13 septembre 1958 dans la forêt où il se cachait, après que les troupes coloniales françaises l'eurent localisé, grâce à des indiscrétions de quelques "ralliés". Après de longs mois de traque infernale et fort meurtrière contre tous ses partisans, tous tués ou capturés les uns après les autres, son campement fut localisé en début septembre 1958 par le capitaine Agostini, officier des renseignements et par M. Conan, inspecteur de la sûreté. Um Nyobe fut tué de plusieurs balles, tombant sur le bord d'un tronc d'arbre qu'il s'efforçait d'enjamber ; c'était près de son village natal, Boumnyebel, dans le département du Nyong-et-Kéllé dans une zone occupée par l'ethnie Bassa dont il était par ailleurs natif. Après l'avoir tué, les militaires traînèrent son cadavre dans la boue, jusqu'au village Liyong. Cela le défigura, sa peau, sa tête et son visage étant profondément déchirés. En travestissant à ce point sa dépouille, la force coloniale voulut "détruire l'individualité de son corps et le ramener à la masse informe et méconnaissable", affirme J.-A. Mbembe. C'est dans le même esprit, poursuit-il, qu'"on ne lui accorda qu'une tombe misérable et anonyme. Aucune épitaphe, aucun signalement particulier n'y furent inscrits. Puisqu'il fallait nier tout ce dont sa vie témoignait, en faisant un mort sans visage, rien ne devait subsister qui fît briller sur ce cadavre un dernier reflet de sa vie. Les autorité coloniales le firent enterrer sans cérémonie, immergé dans un bloc massif de béton.

En fin de compte, au vu des initiatives prises les hauts-commissaires qui cherchaient à négocier avec Ruben Um Nyobè - compte tenu du comportement de l'empire colonial français qui ne fit tuer aucun leader nationaliste dans ses territoires et colonies (Indochine, Algérie, Guinée, Algérie, Maroc, Tunisie, ...), se contentant juste de les faire prisonnier ou de les envoyer en exil - en supposant que Um Nyobè ait effectivement refusé d'obtempérer lorsque le sergent-chef le lui demanda18 - on peut objectivement se poser les questions suivantes :

  1. Pourquoi l'administration coloniale française a-t-elle fait tuer Ruben Um Nyobè alors qu'il était moins redoutable que: Hô Chi Minh, Ben Bella, Sékou Touré ou Habib Bourguiba ?
  2. Pourquoi la France a-t-elle changé sa politique qui consistait à faire prisonnier les leaders nationalistes comme ce fut le cas avec Habib Bourguiba en Tunisie ?
  3. Pourquoi Um Nyobè a-t-il continué à courir alors que le sergent-chef lui disait « halte ! sinon je tire!», «halte! sinon je tire!», «halte, sinon je tire!» comme le rapporte Georges Chaffard  ?
  4. Quelle est la responsabilité de Ahmadou Ahidjo, le Premier ministre et Chef de l’État en fonction lors de l'assassinat de Ruben Um Nyobè ? D'ailleurs, lorsque l'on lui rapporta la nouvelle sur l'assassinat de Rubem Um Nyobè, il s'exclama ainsi au cours d'une fête : « Mesdames et messieurs, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer. Le bandit et terroriste Ruben Um Nyobè vient d’être abattu, comme une bête sauvage, en pleine forêt. Étant donné la joie qui m’habite, je m’apprêtais déjà à partir, mais, je vais encore rester avec vous, et je demande à l’orchestre de jouer ses meilleurs morceaux, et au maître d’hôtel de nous servir encore du champagne... »19

Postérité

L’État cherchait ainsi à brouiller définitivement les liens de Um avec le sol où il reposait, et où, selon le principe de l'autochtonie propre à la société dont il descendait, se perpétuaient ses rapports avec sa lignée, sa descendance. Il s'agissait, au total, d'effacer UM de la mémoire des hommes en le renvoyant au chaos où il ne serait plus strictement personne". Il fut traité ainsi, achève Joseph-Achille Mbembe, "pour s'être opposé sans compromis au régime colonial et pour avoir résisté à la corruption à laquelle recourait l'administration pour vaincre moralement les Africains qui osaient se dresser contre elle".

Il est significatif de voir que, cinquante après sa mort, l’État post-colonial camerounais peine, non seulement à rendre hommage à ce héros et martyr de la lutte contre les dominations coloniales, mais qu'il refuse même tout simplement de laisser évoquer son nom dans l'espace et la mémoire collective. Les manuels d'histoire et documents officiels du pays bannissent toute référence à sa personne, alors même qu'il est le seul, en son temps, à avoir réussi à articuler un projet clair d'accès de son pays à l'indépendance. À tout jamais gêné par ce cadavre dont il porte lourdement la malédiction, incapable de donner une justification cohérente de son expulsion du champ des savoirs, l’État du Cameroun ne trouve justification que dans le silence. Le même silence que celui dans lequel il persiste à faire vivre ce mort.

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HISTOIRE DU CAMEROUN

Mardi, 24 Avril 2012 13:20 Wikipédia
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HISTOIRE DU CAMEROUN

Article détaillé : Histoire du Cameroun.

Les premiers habitants du Cameroun furent probablement les Baka, également appelés Pygmées. Ils habitent toujours les forêts des provinces du sud et de l'est.

  • Ier millénaire av. J.?C. : la zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria aurait été le berceau des peuples de langue bantoue3.

La première allusion historique aux côtes camerounaises se trouverait dans le récit dit périple d'Hannon, d'après un texte grec très controversé. Au Ve siècle av. J.-C., ce Carthaginois aurait atteint le mont Cameroun qu'il baptisa le « Char des Dieux ». En fait, d'après les témoignages archéologiques, les Carthaginois ne semblent pas être allés au sud d'Essaouira4.

En 1472, les marins du Portugais Fernando Pó entrent dans l'estuaire du Wouri, s'extasient devant l'abondance des crevettes dans le cours d'eau qu'ils appellent aussitôt Río dos Camarões. Les marins anglais adoptèrent ce nom en l'anglicisant, d'où le nom actuel de Cameroun.

Après les Portugais viennent les Néerlandais puis les Allemands. Après les contacts avec les Européens débutent des échanges commerciaux, y compris la traite négrière avec bien souvent la complicité des chefs de tribus du littoral, l'introduction du christianisme et le démantèlement progressif de l'organisation politique existante (comme le Royaume Bamoun).

Sous prétexte de protéger leurs intérêts commerciaux, les Allemands établissent en 1884 leur protectorat du nom de Kamerun. Afin d'assurer l'essor économique du protectorat, les Allemands se lancent dans des travaux importants : construction de routes et de la première ligne de chemin de fer, démarrage des travaux du port de Douala, édification d'écoles et d'hôpitaux et création de grandes plantations (cacaoyers, bananiers, caféiers, hévéas, palmiers à huile, etc.). Les indigènes sont alors soumis au travail forcé et aux châtiments corporels. Les Allemands perdent leur colonie en raison de leur défaite lors de la Grande Guerre, en 1918 : la Société des Nations confie la partie orientale (la plus grande) à la France, et la zone occidentale (deux poches limitrophes du Nigeria) au Royaume-Uni. Chacun de ces deux pays imprimera sa marque à « son » Cameroun, la France adoptant la politique de l'assimilation et le Royaume-Uni celle de l'indirect rule.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de l'UPC (Union des populations du Cameroun), dirigé par Ruben Um Nyobe, revendique l'indépendance et la réunification avant d'être interdit puis réprimé par les Français en pays Bassa et en pays Bamiléké. L'indépendance de la zone française est proclamée le 1er janvier 1960 et la réunification a lieu l'année suivante avec la partie sud de la zone britannique, la partie nord ayant opté pour l'union avec le Nigeria. Il s'ensuit une période de violente répression contre le mouvement de l'UPC, et l'ALNK, son « Armée de libération nationale Kamerounaise », par le nouveau gouvernement avec l'assistance de la France, qui durera jusqu'à la fin des années 19605. Le 20 mai 1972, un référendum conduit à un État unitaire et met fin au fédéralisme.

 

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