Au fil d'une enquête au long cours, le New York Times décrit les relations d'Apple et de ses fournisseurs, remettant en cause l'apparente bonne volonté de la société américaine d'améliorer les conditions de travail des ouvriers chinois au profit d'une meilleure rentabilité.
lors qu'Apple a annoncé en début de semaine des résultats financiers historiques, le plaçant à la tête d'une colossale fortune
et de profits records, une enquête au long cours du New York Times (que nous vous encourageons à lire, bien qu'en anglais) vient ternir les efforts fait par la firme de Cupertino récemment pour redorer son blason.
En publiant, il y a une dizaine de jours et pour la première fois un rapport sur la responsabilité de ses fournisseurs, Apple entendait montrer qu'elle prenait au sérieux le respect des conditions de vie et de travail des dizaines de milliers d'ouvriers chinois qui travaillent pour elle. Avec au coeur de ce document, un engagement, si le fournisseur ne respecte pas les conditions édictées par Apple, la relation contractuelle est rompue.
Des engagements comme autant de lettres mortes ?
Dans un même esprit, Apple s'engageait dans son document à faire en sorte d'éviter les horaires infernaux, les heures supplémentaires trop nombreuses, sauf en cas de besoin de production massive, comme au lancement d'un produit. En l'occurrence, le New York Times parle d'ouvriers qui travaillent parfois sept jours sur sept, au-delà d'horaires humainement supportable, et dormant dans des dortoirs bondés, saturés.
Pressurisation
Pour autant, les journalistes du New York Times pointe du doigt la politique d'Apple en matière de marge. "La seule manière de faire de l'argent quand on travaille pour Apple est de trouver un moyen de faire les choses de manière plus efficace et moins chère", déclarait au New York Times un dirirgeant d'une société qui a travaillé à la fabrication de l'iPad. "Et ensuite, ils reviennent l'année suivante et réduisent les coûts de 10%", ajoutait-il.
Autant dire que dans de telles conditions entraînent la mise en place d'un cercle vicieux : "Vous pouvez fixer toutes les règles que vous désirez, mais elles ne seront d'aucune utilité tant que vous ne laisserez par les fournisseurs faire assez de profits pour bien traiter leur main d'oeuvre", disait au New York Times, un ancien dirigeant d'Apple, "si vous réduisez les marges, vous les forcer à rogner sur la sécurité", puisqu'ils ne peuvent pas rogner sur la qualité des matériaux trouvés dans les produits finis. S'il est vrai que beaucoup d'entreprises américaines font fabriquer leurs produits dans ces cités-usines, il semblerait que la concurrence laisse un peu plus de marge à ses fournisseurs.
Porte de sortie ?
Si on aime à croire qu'Apple fait en sorte d'améliorer les choses, comme tendent à le montrer ses récents efforts et son adhésion à Fair Labor Association, on a peine à penser que les choses vont foncièrement changer tant que Cupertino ne se montra pas plus ferme et moins avide. En effet, malgré les exigences financières et de résultats draconiennes imposées par Apple, les usines chinoises se disputent ses faveurs comme dans un remake glaçant d'un Germinal futuriste.



















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