Yaoundé : La Briqueterie résiste à la pénurie
On y trouve encore une variété de poissons bien que les prix soient élevés.
La Briqueterie est le seul endroit où l’on peut encore trouver du poisson fumé de diverses espèces (silures, tilapia, carpe, mâchoiron…). Les prix sont légèrement plus élevés que ceux appliqués au marché Moloko et dans celui du Mfoundi.
A titre d’exemple, ce lundi 28 septembre à la Briqueterie, le tas de six gros mâchoirons d’environ trois kilogrammes est passé de 3500 Fcfa à 5000Fcfa, tandis qu’un tas de sept silures moyens revient à 3000 Fcfa, au lieu de 2000 Fcfa, le mois passé. Selon les commerçants de poissons fumés de la Briqueterie et d’autres au marché de Mokolo, cette pénurie est due à la saison de pluie qu’il y a actuellement dans le Nord du pays, lieu de provenance de ces poissons, et qui rend la pêche difficile.
Maroua : Les étals sont presque vides
La pénurie de poisson est causée par la fermeture du lac de Maga aux pêcheurs.
Depuis quelques jours, il est difficile d’avoir du poisson fumé à Maroua. Dans certains marchés, notamment celui du comice, le principal lieu de vente du poisson dans la ville, les étals sont vides et les revendeurs, le plus souvent absents. « Ce n’est pas la période du poisson fumé. Revenez vers la fin de la deuxième semaine du mois d’octobre », explique un vendeur.
Pour se procurer trois mâchoirons fumés, soit un kilogramme, il faut débourser en moyenne 1000 Fcfa. La pénurie de ce produit est due, selon les revendeurs, à la fermeture du lac de Maga aux pêcheurs et surtout à la rareté du poisson à Lagdo.
Quelques commerçants tiennent encore le coup. « Je suis là parce que je n’ai que la vente de poisson fumé comme activité. Parfois, je vais jusqu'à Kousseri chercher du poisson pour maintenir ma clientèle », explique Pauline Bouba. Même son de cloche au marché du quartier Pont Vert de Maroua. Ici, le poisson fumé est déchiqueté en petits morceaux. Cette technique permet à toutes les ménagères, selon leur porte monnaie de se procurer le précieux sésame. Une ménagère explique : « J’habite le quartier Pitoaré, je viens au pont parce que je peux me procurer ici quelques morceaux de poissons fumés à 300 Fcfa pour le repas de la journée, le prix de la viande étant hors de portée », indique-t-elle.
Selon le délégué régional du commerce de l’Extrême Nord, Abdoulaye Boubakary, la situation est suivie de très près. L’objectif étant d’éviter une hausse de prix du poisson fumé.
Douala : Les prix grimpent de 200 Fcfa
La rareté du produit entraîne aussi la spéculation.
Depuis le début du mois de septembre à Douala, les prix des poissons fumés connaissent une hausse d’environ 200 Fcfa. Selon les vendeurs rencontrés jeudi 24 septembre dernier aux marchés de Ndogpassi et de Youpwe, la situation est due à l’augmentation de la matière première utilisée pour le fumage : morues, bossus, maquereaux et ceintures. Ces poissons sont le plus souvent importés d’Asie, du Nigeria et d’Europe.
En effet les prix sont relativement les mêmes. Dans les marchés de la ville de Douala, la palette de morue est passée de 5100 à 5400 Fcfa. Pour la ceinture, la palette se vend actuellement à 5500 Fcfa, au lieu de 4500 Fcfa il y a deux mois. Le carton de maquereaux, quant à lui, est écoulé à 6000 Fcfa contre 5400 Fcfa.
Cette rareté entraîne la spéculation. Certains commerçants vendent désormais deux morues fumées à 500 Fcfa au lieu de cinq autrefois. Pour pallier la carence, les ménagères se sont rabattues sur les crevettes séchées. Selon les vendeurs de poissons fumés du marché Syncatex de Ndokoti, le phénomène est généralement récurrent en fin d’année. A les en croire, les poissonneries ont tendance à stocker les poissons pour les écouler plus cher lors des fêtes de fin d’année.