L’artiste musicien s’insurge contre l’utilisation frauduleuse et abusive des œuvres des artistes musiciens et promet la fin de la récréation. Roméo Dika , artiste musicien, producteur, et président du Syndicat camerounais des musiciens, Sycamu était face à la presse mardi dernier. Entourés de ses pairs tous vêtus de tee-shirt noirs en signe de mort programmée de la musique camerounaise, il a dénoncé les travers des sociétés de téléphonie mobile que sont Orange et Mtn qui utilisent les œuvres
des artistes dans le cadre des téléchargements de sonneries et de musiques d’accueil dites fun tones, au titre de droit de reproduction mécaniques sans l’autorisation préalable des créateurs.
Cette opération d’escroquerie a, selon le Sycamu, généré pour les 12 millions d’abonnés de ces compagnies plus de 90 milliards de francs CFA en une décennie d’activités au Cameroun à raison de 7 milliards 200millions de frais prélevés annuellement aux abonnés à raison de 300 Fcfa le téléchargement d’une sonnerie et 150 Fcfa pour le funs tones, musiques d’attente et parfois, sans l’avis préalable des abonnés qui se voient délester d’importantes sommes d’argent.
Triste réalité
Le scénario n’avait que trop duré. C’est fort de cela que Roméo Dika a mobilisé tous les acteurs de la société civile : Socam, LCC et même les organismes internationaux qui sont entrés dans la danse en saisissant le chef de l’Etat du Cameroun pour lui faire part de la spoliation dont les artistes nationaux et étrangers sont victimes sur le territoire camerounais.
Pour Esso Essomba, ex président de l’ex Socinada, le cirque n’a que trop duré. « Nous n’obligeons personne à utiliser nos œuvres, et lorsqu’on les exploite, il faut bien payer la note » clame-il d’un ton ferme. Si toutes les démarches entreprises auprès desdites sociétés sont restées jusqu’ici infructueuses, Roméo Dika et sa bande promettent d’aller jusqu'au sacrifice suprême, l’essentiel étant que la postérité se souvienne qu’il y avait des pionniers en la matière. D’un ton plus conciliant, Roméo Dika l’initiateur de la revendication, se dit prêt à s’asseoir autour d’une même table avec les dirigeants de ces structures, l’objectif final étant de trouver un consensus. « Même si elles s’engagent à nous rétrocéder les 70% des droits, nous pouvons l’accepter, mais pas de s’en approprier dans sa globalité. » explique l’artiste musicien.
Pour la revendication de leurs droits, l’on a vu des artistes regarder pour une fois dans la même direction. L’on espère cependant que l’argent issu de ces répartitions ne viendra pas à nouveau les diviser puisque aucune visibilité n’est faite sur les critères de répartitions de cet argent qui pourrait être collecté chez Mtn et Orange.












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